Vendredi 22 Juin 2018
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Téhéran, hôte du président turc


Accompagné d’une haute délégation économique et politique, le Président turc, Recep Tayyip Erdogan, s’est rendu mardi à Téhéran, la capitale iranienne.


Durant le séjour du président turc, en Iran, la deuxième session du Conseil de Coopération stratégique Iran-Turquie a également eu lieu, à Téhéran. Il y a deux ans, M. Erdogan, alors, Premier ministre de la Turquie, s’était rendu, en Iran. Téhéran et Ankara ont à leur ordre du jour, l’essor des relations économiques, et ils ont signé, pendant les trois dernières années, 21 accords de coopération. Ce qui fait preuve de leur volonté d’élargir leurs relations et coopérations bilatérales. Cependant, les relations commerciales et économiques qu’entretiennent les deux parties ne sont pas conformes à leurs capacités, d’autant plus que les présidents iranien et turc envisagent d’accroître leurs échanges commerciaux, jusqu’à trente milliards de dollars, par an. Téhéran et Ankara envisagent, également, de créer des zones industrielles et de favoriser les activités économiques et l’investissement des secteurs privés, afin de donner de l’essor à leurs coopérations. Il est à noter que la visite de Recep Tayyip Erdogan, à Téhéran, intervient, au moment où la région devra relever de nombreux défis. La crise prévalant au Yémen, la poursuite des agissements terroristes, en Syrie, et la lutte incessante contre Daesh, en Irak et en Syrie, avec des lectures différentes des Etats-Unis, de l’Arabie saoudite et de la Turquie, comptent parmi les questions traitées par le président turc et les responsables iraniens. En jetant un coup d’œil à la visite d’Erdogan, à Téhéran, dans cette période si épineuse, deux points sautent aux yeux : premièrement, l’Iran et la Turquie, en tant que deux pays voisins, doivent élargir leurs relations bilatérales, des relations qui ne se limitent pas, seulement, à Téhéran et Ankara, mais dont les impacts se manifestent aussi, dans l’essor des relations entre les pays membres de l’ECO et les pays du groupe D-8, ainsi que dans le transfert de l’énergie vers l’Europe. La composante  diversifiée de la délégation accompagnant Erdogan, dans sa visite, à Téhéran, prouve le souhait des deux parties de donner de l’essor à leurs coopérations. Or, la Turquie, ayant son propre regard envers les évolutions de la région, a, de même, sa propre lecture des questions de la région, et c’est en vertu de cette lecture spéciale, qu’elle a défini son rôle, dans la région. La vision que la Turquie porte sur les évolutions, en Syrie, en Irak et au Yémen, n’est pas la même que celle de l’Iran. Cette vision différente a eu ses propres impacts, sur les relations Téhéran-Ankara. Les récentes déclarations de Recep Tayyip Erdogan, dans lesquelles il a accusé l’Iran de vouloir dominer le Moyen-Orient, viennent à l’appui de cette affirmation. A noter que le ministère iranien des Affaires étrangères a convoqué, mercredi dernier, le chargé d’affaires de la Turquie, en l'absence de son ambassadeur, afin de lui exprimer ses protestations, quant aux déclarations d’Erdogan. Dans la foulée, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad-Javad Zarif, a déclaré que l’Iran prêtait une importance toute particulière à ses relations stratégiques avec Ankara. Il a, de même, ajouté : «Ceux qui ont provoqué des dégâts et des dommages irréparables, en faisant des erreurs stratégiques et en adoptant des politiques ambitieuses et chimériques, feraient mieux d’exploiter leurs capacités, pour donner naissance à la paix et à la convergence, dans la région». Dans les relations Iran-Turquie, ne sont, certes, pas rares les occasions pouvant créer de la convergence entre les deux parties. En privilégiant la convergence aux rivalités contre-productives, Téhéran et Ankara, malgré leurs visions différentes, pourront avoir un impact très important, sur le maintien de la stabilité et de la sécurité collective du Moyen-Orient. De ce point de vue, la visite du président turc, en Iran, qui s’ajoute aux éléments de coopérations politique, sécuritaire et commerciale, est censée promouvoir les relations Téhéran-Ankara, au niveau le plus élevé. L’ambiance générale, qui règne, actuellement, sur le Moyen-Orient, est marquée par les agissements de Daesh; par conséquent, tout pas franchi, dans le sens de l'éclosion de différends et de divergences, est, fortement, rejeté. Les erreurs stratégiques qu’a commises la Turquie, en Syrie, en ne saisissant, dans toute sa dimension, le danger du terrorisme et de l’extrémisme, dans la région, montrent qu’elle a perdu beaucoup d’opportunités constructives. Il lui revient, donc, maintenant, d’opter, pour une approche plus réaliste, au lieu de bâtir des châteaux en Espagne. Aujourd’hui, Téhéran et Ankara partagent une conception commune : la tension et la crise ne sont dans l’intérêt d’aucun pays, et le terrorisme et l’extrémisme ne connaissent aucune frontière. C’est bien cette conception commune qui peuvent leur fournir une bonne opportunité d'élargir leur coopération et de renforcer leur convergence.  
 


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Dates : 2015-04-10 09:08:52 | Catégorie: Politique | Visites: 365 | J’aime: 0